Le chant Los Pique-Talos (sur l'air de La Saint-Cyrienne), Jean CAILLUYER, " La révolte des métayers du Bas-Adour, vu par " La mémoire du Peuple " et les journaux syndicaux ", Bulletin de la société Borda, pp. 187-191  


Le chant Los Pique-Talos (sur l'air de La Saint-Cyrienne)

LOS PIQUE-TALOS (version originale en gascon)

REFRAIN
Hardid ! Hardid ! qu'hem lous piquetalos
Trabalhedous de terre
E sé lou séu n'es pèse pas sous os
Qu'abem touts boune herre
Qu'hem goarruts et brinchuts

I
La pique aù coth, lous esclops à la saque
Lou cuyoun plegn, de tout temps qu'hem d'attaque
Ne sabèm pas ço qué d'esta fénian.
Aù diou biban !

II
Harts de mesture, entougnats de habole
Soupe aù gran pot, lard à la casserole
La carn, qué braï, qu'es manque trop soubèn
Aù diou biban !

III
Qu'aù bien ùnta, et qu'ab hem dap plasé
De temps en temps lou praoube os binaté
Puch qu'a ùn fèble ent'aù chuc de churmèn
Aù diou biban !

IV
Pou, n'habem pas aù tenelhan dou sou,
La pet trempade et coeyts per la calou
Q'ham bet chirgua, n'am pas ùn so bagan
Aù diou biban !
V
Dap lous fusins, lous dragouns et leus hourques
Qu'é partiram béde tout aquet mounde.
Se soun malaous é bé qu'ous soigneran
Aù diou biban !

VI
Noste trabalh qu'a engrechat la terre
E arpastat aquère moussuère.
Qu'a prou durat. Aco chanya que bam
Aù diou biban !


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Traduction de la chanson " Lous Pique-Talos " REFRAIN
Hardi , Hardi , nous sommes les paysans
Travailleurs de la terre
Et si la graisse ne pèse pas sur nos os
Nous avons la dent dure
Nous sommes musclés et souples (1 voir plus bas)
Au diou biban (juron du sud-ouest : Au dieu vivant)

I
La pioche au cou, les sabots dans le sac
Le " cuyoun " plein, de tout temps nous sommes d'attaque
Nous ne savons pas ce qu'est d'être feignants
Au diou biban

II
Gavés de bouillie de maïs, rassasiés de haricots,
La soupe dans un grand pot, le lard à la casserole,
La viande c'est vrai manque trop souvent,
Au diou biban
III
Il faut bien huiler, et nous le faisons avec plaisir
De temps en temps la pauvre pomme d'Adam
Puisque nous avons un faible pour le suc de sarment
Au diou biban

IV
Personne ne peut se frotter à nous
Nous ne sommes pas maladroits de nos mains nous pouvons en vanter
Hardi ! le froid nous passe en travaillant
Au diou biban

V
Peur nous n'en avons pas au moment où le soleil frappe fort
La peau trempée et cuite par la chaleur
Nous avons beau piocher dur, nous n'avons pas un sou vaillant
Au diou biban

VI
Avec les fusils, les faux et les fourches
Nous partirons vers tout ce beau monde
S'ils sont malades, eh bien nous les soignerons
Au diou biban


Le 6ème couplet a été remplacé pendant les évènements de 1920.

1. Ce vers a été remplacé en 1920 par " Nous sommes hardis les Poilus ". La chanson a été enregistrée par le groupe " Ferrine Floc "



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