Raphael MILLIES-LACROIX - Né Dax, 4 décembre 1850 - Mort à Candresse, 12 octobre 1941.  

Fils du peintre Jean-Eugène Milliès-Lacroix et de Mademoiselle Jouvenot, fille d'un négociant de tissus en gros. Orienté très jeune vers le commerce par son grand-père maternel, il fit la guerre de 1870 comme engagé dans le 55e régiment d'infanterie.

Revenu à Dax, il fut un membre actif du comité républicain qui prépara les élections de 1885 ; maire en 1887, il mena une politique active de développement de l'industrie thermale et de l'urbanisme dacquois. Il fut révoqué en 1894 par le ministre de l'Intérieur pour avoir autorisé les courses de taureaux (il fut réélu facilement). Quelques années après, partisan de la révision du procès de Dreyfus et en opposition avec ses collègues du conseil municipal, il démissionna de cette assemblée. Il se présenta aux élections sénatoriales de janvier 1897 et fut élu, mais de justesse (357 voix alors que la majorité absolue était de 356 !). Il fut constamment réélu jusqu'en 1932, date à laquelle son fils lui succéda : ainsi en 1924, il obtint 543 voix sur 664.

Conseiller général dès 1898, il devint vice-président (1908) puis président (1922 à 1924) de l'assemblée départementale.

Au Sénat, il se fit connaître par ses compétences techniques et financières. Admis à la commission des finances, il fut ensuite rapporteur général du budget (1917 à 1919) avant d'être président de la commission des finances (1920). Il soutint les ministères Waldeck-Rousseau et Combes lors des votes contre les congrégations ; il fit partie du ministère de Georges Clémenceau en tant que ministre des Colonies (1906-1909) et fit un grand voyage en Afrique-Occidentale.

Au Sénat, où il siégeait dans les rangs de la gauche démocratique radicale et radical-socialiste, il occupa le poste de vice-président du 10 janvier 1929 à 1932. Homme des commissions, Raphaël Milliès-Lacroix n'était pas un orateur des séances publiques, mais il était réputé pour son honnêteté et son esprit d'économie. On le compara à Colbert, marchand drapier comme lui.

Il avait refusé la Légion d'honneur car Dupuy lui demandait en échange de retirer sa candidature des sénatoriales.

Il fut au Sénat un des grands défenseurs des courses de taureaux. A Dax, il fut un des principaux rédacteurs du journal Le Dacquois. Il publia, en 1901, une brochure de 70 pages, Les incendies dans les forêts de pins des Landes de Gascogne. Etude sur le projet de loi déposé au Sénat, ainsi qu'une Histoire de Dax, parue en 1933.

Notice de Jean-Claude Drouin, extraite du dictionnaire biographique, Mémoire des Landes, 1991.





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